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mardi 1er octobre 2013

Stockett Kathryn - La couleur des sentiments (2010)

Les relations entre les employées noires des États-Unis et leurs patronnes dans les années 1960

Skeeter, jeune femme de la classe aisée, se mélange difficilement à ses amies. Elle veut devenir écrivain et ressent une gêne par rapport à la façon dont sont traitées les bonnes noires. Elle se fait embaucher dans le journal local pour lequel elle rédige la rubrique "conseils pour la ménagère". Elle publie les réponses aux questions que les lecteurs adressent à "Miss Myrna". Sauf que Skeeter habite chez ses parents, elle est célibataire et n’est absolument pas calée en astuces pour la maison. Elle se rapproche donc d’Aibileen, la bonne d’une de ses amies, pour qui les astuces de ménagère ne posent aucun problème. Aibileen est une femme à l’esprit positif, elle aime écrire, elle trouve les mots justes et sait dire en peu de mots l’essentiel. Elle travaille chez Miss Leefolt une des amies de Skeeter, chez qui elle s’occupe avec amour de la petite "Baby girl", espérant faire de cette petite une adulte qui ne rejettera pas la population noire. Elle s’avère très efficace pour aider Miss Skeeter car elle sait immédiatement répondre à des demandes tels que "Mon mari qui est un vrai cochon et qui transpire comme un cochon a des cols de chemise pleins de tâches. Comment m’en débarasser ? (p. 116) ou encore "comment empêcher les chiens de fouiller vos poubelles à l’extérieur de la maison quand votre fainéant de mari oublie de les sortir le jour du ramassage parce qu’il a encore bu de cette maudite bière ? (p. 122). Skeeter garde un souvenir ému et aimant de Constantine, l’employée noire qui s’occupait d’elle enfant. Contrairement à sa mère, cette femme la valorisait, elle était "quelqu’un dont le regard dit simplement, sans qu’il soit besoin de paroles, moi je te trouve bien."

Skeeter projette d’écrire un livre sur le sujet des employées noires. Elle sollicite alors Aibileen qui, bien qu’initialement réticente, finit par accepter. Toutes deux se lancent alors dans l’écriture d’un livre présentant la quotidien des bonnes dans la maison de leurs patrons. La rédaction de ce livre sociologique, au sujet risqué pour l’époque, va rythmer le quotidien des protagonistes, les obligeant à se cacher pour se raconter leurs récits de vie. Elles se font aider de plusieurs bonnes du quartier, mais surtout de Minny, la copine d’Aibileen, elle aussi employée de maison. Elle est "grande gueule", ce qui lui a valu plusieurs licenciements. Elle joue un rôle crucial dans l’histoire. Malgré sa carapace de dure, elle est très attachante. Elle travaille chez Miss Celia, chez qui la situation est un peu déjantée, Celia étant une femme qui cache la présence de Minny à son mari, qui veut apprendre à cuisine, qui cherche à approcher le cercle fermé du club de bridge mais qui ne correspond pas aux critères requis par ses membres... A la tête de ce cercle fermé, Miss Hilly, une femme redoutable,très peu aimée des employées de maison. Elle cherche à imposer son autorité et tente de creuser davantage les différences entre les Noirs et les Blancs. Elle est par ailleurs une des amies d’enfance de Miss Skeeter, ce qui ne va pas sans poser des problèmes...

La réponse fuse, sans une hésitation. "Miss Hilly". Je n’insiste pas. Je pense au projet de loi de Hilly pour les toilettes des domestiques, à ses accusations de vol à l’encontre de sa bonne, à ses discours sur les maladies des Noirs. Aibileen a lâché son nom comme on crache une noix de pécan véreuse. (Skeeter) (p. 174)

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On change de narrateur à chaque chapitre, on passe simultanément dans la tête de Skeeter, d’Aibileen ou de Minny.

C’est avec humour et force que le sujet des rapports Blancs/Noirs aux Etats-Unis est traité ici. Kathryn Stockett a écrit une postface à son livre dans laquelle elle nous révèle que ce livre s’appuie sur son vécu puisque, comme son personnage Miss Skeeter, elle n’a pas oublié l’employée de maison qui s’occupait d’elle lorsqu’elle était enfant et qu’elle a adorée.

Mon avis ?

Le sujet m’a touché, j’ai souri, j’ai ri, j’ai grogné, j’ai été émue, j’ai été impatiente... Bref, je me suis attachée aux personnages et j’ai réellement souhaité savoir ce qu’il allait se passer. J’aime beaucoup les passage en italiques qui expriment ce que les narratrices pensent intérieurement. J’ai été en empathie avec les employées, j’ai ressenti l’humiliation qu’elles subissent, pourquoi elles s’attachent à leur patronne et à leurs enfants (ou pas), j’étais pressée de suivre l’évolution du livre que les "bonnes femmes" écrivaient. Je suis facilement "rentrée" dans l’histoire et j’ai eu du mal à m’arrêter de lire une fois entamée la lecture... Je peux donc dire que c’est un livre qui m’a plu !

Référence

La couleur des sentiments [Texte imprimé] : roman / Kathryn Stockett ; traduit de l’américain par Pierre Girard. - Arles : Actes Sud ; [Montréal] : Leméac, impr. 2012 (61-Lonrai : Normandie roto impr.). - 1 vol. (608 p.) : couv. ill. en coul. ; 18 cm. - (Babel ; 1141).

. - Trad. de : The help
ISBN 978-2-330-01307-3 (Actes Sud). - ISBN 978-2-7609-0844-4 (Leméac) (br.) : 9,70 EUR. - EAN 9782330013073

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